La Saône

La Saône prend sa source à Vioménil dans les Vosges dans le versant sud des monts Faucilles, à 396m d'altitude (Non loin d'Epinal. Elle se situe à une vingtaine de km de deux autres sources très célèbres : Vittel et Contrexéville)

Les monts Faucilles correspondent à la ligne de partage des eaux au nord, les sources donnent des rivières (Madon) qui s'écoulent vers la mer du Nord alors qu'au sud elles partent vers la méditerranée.

La Saône représente un bassin fluvial de 29 950 km² avec un débit moyen de 410 m³/s et est largement exploitée avec l'implantation de barrages

Longue de 480 km, elle traverse quatre régions (Lorraine, Franche-Comté, Bourgogne, Rhône-Alpes) et cinq départements (Vosges, Haute-Saône, Côte d'Or, Saône et Loire et Rhône).

La Saône possède 11 affluents, les principaux sont la Tille, l'Ouche, le Doubs et la Brévenne.

Son cours est classée navigable sur 365 km à partir de Corre (70).

La Saône se divise en trois sections : la Saône jusqu'à Corre (Haute-Saône), la Petite Saône jusqu'à Saint Jean de Losne (Côte d’Or), la Grande Saône jusqu'à son confluent avec le Rhône à la Mulatière, à Lyon (Rhône), dont 167km à grand gabarit européen depuis Verdun-sur-le-Doubs (71) jusqu'à Lyon (69).

Elle est reliée par des canaux au gabarit Freycinet (longueur 39m, largeur ou maitre beau 5,2m, mouillage ou tirant d’eau 2m, hauteur libre ou tirant d’air 3,6m) :

à la Meuse par le Canal de l'Est à Corre, branche sud renommée Canal des Vosges,

à la Marne par le Canal de la Marne à la Saône à Heuilley, renommé Canal entre Champagne et Bourgogne,

au Rhin par le Canal du Rhône au Rhin, à St Symphorien.

à l'Yonne par le Canal de Bourgogne, à St Jean de Losne.

à la Loire par le Canal du Centre, à Chalon.

Navigables aussi, mais tout les trois en cul-de-sac :

le petit Canal de Pont-de-Vaux (3 km),

la Seille, 40 km navigables jusqu'à Louhans,

la partie inférieure du Doubs.

 

La Saône est donc largement équipée de ports de commerce où les marchandises variées sont transportées par des péniches 38 ou 80 mètres, des grosses unités (pousseur + barges) ou encore des navires fluvio-maritimes assurant ainsi l'échange toujours croissant de plusieurs millions de tonnes de marchandises.

La plaisance fuviale privée et touristique constitue l'autre pôle d'attraction de cette rivière puisque les embarcations peuvent par son biais relier l'Europe d'Est en Ouest. La progression de ce secteur est impressionnante bénéficiant de nombreux aménagements surtout sur la partie haute de la rivière de Corre à Saint-Jean de Losne, plus communément appelée "Petite Saône".

La petite Saône traverse les départements de Haute-Saône et de Côte-d’Or entre Corre et Saint-Jean de Losne sur une longueur de 192 km. Cette voie d’eau supporte un trafic de 7000 bateaux par an (dont 70% de bateaux de location), ce qui en fait la deuxième voie d’eau la plus fréquentée en France pour la plaisance.

CARACTÉRISTIQUES

  • Largeur du chenal : 12 m à 15 m
  • Nombre d’écluses : 21
  • Dimension des écluses : 5,10 m de large X 40 m de longueur
  • Hauteur libre sous les ponts : 3,50 m
  • Mouillage garanti ou enfoncement : 1,80 m

VITESSE AUTORISÉE

  • En amont d’Auxonne 15 km/h en rivière et 6 km/h dans les dérivations
  • En aval d’Auxonne 30 km/h en rivière et 15 km/h dans les dérivations

SPÉCIFICITÉS DES PASSAGES AUX ÉCLUSES

  • Ecluses automatiques commandées par perches

SPÉCIFICITÉS DE NAVIGATION

  • Deux tunnels : Savoyeux et Saint Albin
  • Respecter strictement les feux de signalisation aux entrées des tunnels, l’attente peut atteindre 1 h 30 en cas de passage d'une péniche

ZONES DE SPORTS NAUTIQUES

  • Auxonne du PK 232.9 au PK 234.5 : ski nautique
  • Pontailler sur Saône du PK 250.85 au PK 252.1 : ski nautique
  • Gray du PK 284.2 au PK 285.2 : ski nautique
  • Scey sur Saône du PK 355.7 au PK 357.3 : ski nautique

 

D’une longueur de 170 km, la Saône traverse les départements de Côte-d’Or, de Saône-et-Loire, de l’Ain et du Rhône. Cette voie d’eau à grand gabarit supporte un trafic commercial important. La pente moyenne de la Saône reste faible : le courant ne gêne pas la navigation. La rivière est soumise à un régime qui connaît de fortes variations de débit. En effet, si le débit est faible en été, les crues hivernales peuvent parfois atteindre 100 fois le débit de l’étiage.

CARACTÉRISTIQUES

  • Largeur du chenal : 40 m
  • Nombre d’écluses : 3
  • Dimension des écluses : 12 m de large x 185 m de longueur
  • Hauteur libre sous les ponts : 4,70 m
  • Mouillage garanti ou enfoncement : 3,50 m

VITESSE AUTORISÉE

  • 30 km/h en rivière et 15 km/h dans les dérivations sauf dans les traversées de :
  • - St-Jean-de-Losne du PK 214.3 au PK 215.5
    - Chalon/Saône du PK 139 au PK 142.5
    - Mâcon (dérivation) du PK 77 au PK 83
    - Lyon du PK 0 au PK 12

SPÉCIFICITÉS DE NAVIGATION

  • Navigation de nuit possible pour les bateaux à passagers et les bateaux de commerce
  • Circulation alternée dans la traversée de Lyon en période de crue au-dessus d’un certain débit

SPÉCIFICITÉS DES PASSAGES AUX ÉCLUSES

  • L’éclusage simultané avec des bateaux transportant des matières dangereuses est interdit

ZONES DE SPORTS NAUTIQUES

  • Saint-Jean de Losne PK 212.8 à 214.3 : ski nautique
  • Saint-Jean de Losne PK 210.8 à 211.85 : ski nautique
  • Lechatelet PK 198.3 à 199.53 : ski nautique
  • Seurre PK 186.100 à 187.6 : ski nautique
  • Verdun sur le Doubs PK 164.85 à 166.1 : ski nautique
  • Verdun sur le Doubs PK 164.1 à 164.5 : véhicule nautique motorisé
  • Alleriot PK 149 à 150.4 : ski nautique
  • Chalon sur Saône PK 143 à 145 .5 : ski nautique
  • Saint Germain du Plain PK 125.7 à 127 : ski nautique
  • Tournus PK 112.6 à 114.5 : ski nautique
  • Uchizy PK 102 à 103 : ski nautique
  • Fleurville PK 96.4 à 97.4 : ski nautique
  • Mâcon PK 81 à 83 : ski nautique
  • Crêches sur Saône PK 71.65 à 72.65 : ski nautique
  • Thoissey PK 61 à 63 : ski nautique
  • Montmerle/Saône PK 53.1 à 54.5 : ski nautique
  • Jassans-Riottier PK 40.5 à 41.2 : ski nautique
  • Villefranche sur Saône PK 36.5 à 37.5 : ski nautique
  • Trévoux PK 26.5 à 28 : ski nautique
  • Saint-Germain au Mont-d’Or PK 22.8 à 24.1 : voile
  • Neuville sur Saône PK 20.8 à 22.8 : ski nautique
  • Collonges au Mont-d’Or PK 12.8 à 15.5 : ski nautique
  • Lyon PK 7 à 12 : aviron

 

 

Des contes et légendes ont été inventés pour éloigner les enfants des rives. Ne pas s’approcher afin d‘éviter d’être happé par une “ main ”.  L’inconnu et l’angoisse des profondeurs sont à l’origine de

peurs et de légendes comme la fée de Riottier. Cette fille de mariniers se serait noyée et devenue maléfique elle jetait des sorts aux conducteurs de péniches et de radeaux.

Mais aujourd’hui si l’on parle de légende autour de la  Saône, le premier réflexe est d’évoquer le silure.  Ce poisson originaire d’Europe centrale abonde dans les fleuves de Bulgarie, Roumanie, et dans le delta du Danube. Apparu dans les bassins du Doubs et du Rhin à la moitié du XIXe siècle, il est introduit à partir de sujets élevés en pisciculture dans la Seille et dans la Saône depuis 1970.

Ce poisson carnassier se déplace en fond de rivière, dans la vase. Son aspect rebute, d’autant que ses dimensions sont impressionnantes,  avoisinant les deux mètres ! Sa “ réputation ” de dévoreur d’enfants ou de chiens a accentué la légende du monstre, craint par les riverains et pêcheurs.

Cependant, il constitue une bonne prise, un trophée, et certains veulent le réhabiliter, d’autant que sa chair est appréciée. En respectant un protocole dans sa préparation, le silure possède un goût proche de la lotte !

Cette légende moderne renvoie à une autre, celle de Klupea, poisson fantastique, à œil cyclopéen qui vivait dans la Saône, portant trois arêtes sur le ventre et le dos. A l’époque celtique, on lui attribuait le pouvoir de guérir les malades.  Il devait auparavant avoir remonté et descendu la Saône. Arrivé à la source, il plongeait dans la terre, ressortait et à cet instant précis, les malades frappés du paludisme devaient toucher un caillou incrusté sur sa tête.

 

Le culte de Saint-Nicolas, patron des mariniers

Evêque de Myre en Lycie (Asie mineure), Saint-Nicolas aurait accompli un miracle afin de mettre fin à la famine au IVe siècle. En Orient, son intervention miraculeuse permet de sauver trois soldats, injustement arrêtés, au moment même de leur exécution.

Il est alors invoqué pour les causes désespérées, notamment par trois marins pris dans une tempête. L’évêque leur apparaît, les guide, prend la barre et calme les flots.

Il devient dès lors le protecteur de tous les marins.  Ses reliques sont transférées en Italie en 1087 à Bari, et son culte se propage à toute l’Europe par les marins quittant Bari pour les ports français à l’embouchure des grands fleuves, y compris jusqu’à la Saône. La foi des marins se communique aux bateliers mais aussi à tous les professionnels ayant une relation avec le transport par voie d’eau (charpentiers, marchands…).

On fait appel à lui pour contrer les périls en mer, les désastres, les orages, les puissances du mal. Représenté coiffé de la mitre, il tient la crosse et bénit de sa main libre. Il est représenté avec trois boules placées sur un livre, à ses pieds, dans son vêtement, dans une barque, symbolisant ces trois matelots épargnés grâce à lui.

Saint-Patron des marins, il disposait auparavant sur les parcours fluviaux de chapelles réservées, statues, ex-voto où les mariniers pouvaient venir implorer son secours. De nombreuses confréries ont été érigées sous le vocable de Saint-Nicolas.

Aujourd’hui la dévotion à Saint-Nicolas perdure, incontournable, y compris sur la Saône. Pour preuve, le Pardon des Mariniers organisé chaque année par l’association des Amis du Lien, bâteau-chapelle amarré quai

Rambaud. Un dimanche (fin-mai ou début juin), après une messe de bénédiction, des animations sont proposées sur l’esplanade devant la péniche des mariniers.

Le nom de la Saône fait lui-même l’objet de légendes. Les Romains l’appelaient “Arar”, même si certains penchent pour un mot d’origine celtique signifiant : “eau”. Arar serait aussi le nom d’un homme dont le frère Celtibar aurait été dévoré par des bêtes sauvages installées au bord d’une rivière. Fou de désespoir, Arar se jeta dans l’eau et fut englouti. Afin de perpétuer cet amour fraternel, on aurait donné le nom d’Arar à la rivière.

Une autre explication est  formulée en référence à la mise à sac de la ville de Lyon par Septime Sévère à la chute de l’Empire romain, en représailles envers les habitants qui soutenaient son rival pour le titre d’empereur, Albinus. Le nom dériverait de Sagona (l’ensanglantée), la rivière ayant été rougie de leur sang. Enfin, une allusion à la déesse Sauconna, symbole de vie et de fécondité pour les Gaulois, symbole de la prospérité commerciale pour les Romains s’appuie sur la mise à jour (en 1912), à proximité de Chalon-sur-Saône, d’un bloc de pierre portant une inscription témoignant du culte de cette déesse à l’époque de l’empereur Auguste.

Au fur et à mesure de l’occupation humaine des bords de Saône, les dieux gaulois, romains se sont succédés. Au paganisme, le christianisme a voulu répondre en modifiant le culte des divinités des eaux par les gens de Saône.  Ces derniers souhaitaient obtenir en contre partie des  réponses à leurs besoins : pluie, gibier, fertilité, guérison mais aussi protection. Dans la mythologie, souvent gréco-latine, on fait appel à Neptune, Mercure, Minerve, Apollon, Hercule. Saint-Nicolas, évêque de Myre au IVe siècle devint le protecteur des gens de Saône en se substituant à Sauconna. (voir encadré). Des offrandes, sous formes de pièces et d’objets divers, ont été retrouvées dans la Saône.  Des rites, des fêtes ont ponctué la relation de l’homme à la rivière,  à la fois amie et ennemie. Ainsi, les crues, bien perçues car venant des Dieux dotés des pouvoirs de fertilité, étaient considérées comme une façon de punir les hommes qui les avaient offensés.

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